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30 septembre 2021

Mon Analyse sur les différentes coalitions pro-démocratie au Togo.

 

#Milawoe

#LeChangementCestMaintenant

 

L'AUTOPSIE DES COALITIONS OU REGROUPEMENTS PRO-DÉMOCRATIE AU TOGO. 

La lutte pour faire du #Togo un pays plus ou moins libre, prospère et démocratique est jalonnée par des coalitions ou regroupements conjoncturels pour une mutualisation des moyens, forces, ressources humaines pour avoir des structures et institutions qui vont permettre à tout togolais sans exception aucune de développer son potentiel humain.

Après plus de 31 ans de lutte des forces démocratiques, il est alors de notre devoir d'analyser les différentes coalitions et de voir là où il y a manque.

Nous distinguons sur le champ politique togolais des coalitions entre les partis politiques et les organisations syndicales, des organisations de droits de l'Homme ou les partis politiques eux-mêmes. Le constat est : « l’apparition d’un nouveau regroupement ou coalition suscite de l'espoir et provoque la mobilisation populaire. Mais l'euphorie devient rapidement une histoire de déceptions ». Ce phénomène, de nos jours, sans grande surprise, replonge tous les acteurs dans une vague de chasse aux sorcières, d’accusations arbitraires, de dénigrement, de diabolisation réciproques, d’insultes et ceci, jusqu'à la veille d'une nouvelle coalition.

Pour nous sortir de la reproduction de ces mêmes gestes ou modes de pensées, nous allons essayer de faire la chirurgie sociale de nos différents regroupements.

Les obstacles de la coalition entre : Partis politiques ; organisations de la société civile.


1- Partis politiques ;

Au Togo, beaucoup de partis politiques n'ont que de nom. Ils sont limités seulement au président fondateur ou au bureau exécutif. En analysant les actions des différents Hommes politiques de ces 31 ans de lutte, nous en déduisons qu’au sein de nos partis, la majeure préoccupation est le rêve ou l’ambition de parvenir au poste de secrétaire général, de représentant ou carrément de président du parti afin d’être sous les feux des projecteurs. Cette vision limitée et inappropriée à une lutte de libération, pousse bien sûr à un scandale de crise interne. Ces différentes formes de leadership que nous révèlent les Hommes politiques, nous constatons qu’elles prennent source au sein de la famille, l'église, l’école, l’administration, de groupes d'amis ou sportifs, ou même avec la technologie aujourd’hui, se trouve dans les groupes WhatsApp ....

Nous aimons critiquer les leaders pro-démocratie ; mais nous reproduisons le même schéma de leadership dans nos zones d'influence respective. Ceci nous amène sans retenu à réinterroger notre système éducatif, car à ce niveau, le mal n’est plus superficiel, mais profond. Si nous retrouvons le même schéma de leadership dans les différentes structures, institutions, regroupements sociaux et organisations de notre société, il s'agit alors d'un problème éducatif, culturel.

 

De notre point de vue, après études et analyses minutieuses sur le sujet, les facteurs éducatifs, culturels qui favorisent ce type de leadership que nous dénonçons sont les suivants :

L'éducation familiale actuelle met plus l'accent sur l'action de la réussite individuelle par tous les moyens au détriment du collectif.

La culture ou l'éducation familiale : Agbétor Bada (l’Homme est mauvais), Von na Agbétor (Craint l'Homme), Améhonlon Yéssana’amé (C'est l'ami qui va te trahir, pour son intérêt ou par jalousie).

 Le mal est profond, bien profond. Il n’y a pas mieux comme terme pour dénommer la gravité de la situation. Après la culture et l’éducation, s’en suit les séquelles du ravage de la colonisation et de l’héritage néo-colonialiste qui est l'imposition forcée du régime dictatorial du clan Gnassingbé par la France.

L'école qui devrait être un outil pour bâtir des hommes de nation est plutôt utilisée pour produire des “aidants exploitants”, créer la division en fonction du diplôme, statut social… Ainsi nous avons des termes de résonnance subliminale qui (permettez-moi le terme) abrutissent la population. En voici quelques-uns : Kopétor (villageois), N'koumékotor (le civilisé), Etamagnanoua Agbanté Yébéssona (l’illettré ou carrément, la tête qui n’est pas douée avec les études est condamnée aux basses besognes), ceux du Nord et du Sud, Egator (le riche) et Waménon (le pauvre).

La religion fut utilisée par les colons et leurs héritiers néocoloniaux pour accentuer plus de division et de confusion dans les esprits et âmes des togolais. Ainsi nous avons ceux qui sont des enfants de diables d'une part et d'autre part les enfants de Dieu. Ce qui a donc conduit à la psychologie de Azétor(sorcier), GbonGbonvon’è (Esprit mauvais). La psychologie religieuse amène les uns et les autres à trouver les causes de tous les maux de la société dans les esprits et des soit disant volontés de Dieu.

Revenons à présent aux situations internes des partis politiques. Ces derniers manquent sérieusement de base militante propre. Les responsables relèguent au second plan la question de recrutement des membres pour le parti.  Ils ne se préoccupent pas de partager leur vision de société et idéologie pour avoir l'adhésion populaire. Beaucoup de jeunes partis politiques ont un problème de militants. Ces partis, juste après leur création, ignorent le travail principal qui est de se faire connaître, recruter et former des nouveaux membres aux idéaux de l'organisation.

Les anciens partis politiques, de leur côté, ont aussi du mal à renouveler leurs membres et sont de plus en plus à difficulté à amener la jeune génération au sein de l’organisation. La génération qui milite déjà depuis 10, 15, 20 ans sans voir l’ombre de l’alternance politique et la liberté se voit remplie de désespoir, de découragement, de résignation. Ceci s’en suit souvent par les soucis de la vie qui ne leur permettent plus de consacrer assez du temps aux activités du parti.

L’adhésion de tout parti politique se fait volontairement, sans exigence de diplôme ou de quelconque niveau de compétence. Mais tout parti bien organiser et ambitieux doit pour son bien et celui de la lutte mettre ses membres à un même niveau de compétence relative à la cause. Nous constatons malheureusement un problème de remise à niveau des membres, ce qui devrait se faire à travers des formations sur les différentes méthodes de lutte, les enjeux du monde actuel et comment il faut s'y adapter. Il n'y a donc pas un travail réel pour la chasse des jeunes dynamiques pour apporter un plus aux partis.

Nous avons l'impression que nos partis agissent comme : « Tout togolais qui souffre doit s'engager ». D’aucuns semblent ne pas s'intéresser aux gens qui jouent à l'indifférence ou qui veulent collaborer avec le système, juste pour avoir le pain.

Le véritable travail pour donner conscience à l'exploitation, l'oppression que les gens vivent n'est pas faite. Ceux qui militent véritablement dans les partis politiques sont une minorité.

Au lieu que les différents partis politiques, travaillent à aller transformer les togolais non militants mais sympathisants pour le changement en leurs militants, Ils préfèrent se quereller sur la minorité de militants qui existent comme patrimoine familial.

Nous pensons que l'esprit de nos partis politiques est demeuré dans les années 1990 où il y a déjà une conscience politique et la plupart des organisations sociales qui encadrent la vie sont neutralisées ou récupérées par les forces démocratiques. Et là, l'enjeu était de se présenter comme la personne idéale à conduire le mouvement de contestation. Au lieu de s'affirmer par des actions et sa vision du monde, le jeu était de détruire l'autre et prendre sa place. Quand la lutte est entrée dans une phase d'endurance, beaucoup d'Hommes politiques anciens comme nouveaux pensent que pour s'affirmer aux togolais il suffit de venir insulter, diaboliser, inventer des histoires à base d'OB (on dit que…) sur l'autre en passant de média en média en négligeant le travail de contact avec la masse et le partage de sa vision de société.

L'idéologie politique de lutte au Togo est devenue : « Mon frère est un corrompu, un traître. Sans preuve la plupart du temps ». Un leader politique au Togo aujourd'hui ou un jeune qui aspire devenir un leader politique pense qu'il suffit simplement d'utiliser les “ OB ” sur ceux qui sont là avant lui, ou ses camarades pour être aimé et suivi par la population. 

 

2- Organisations de la société civile.

Les organisations de la société civile manquent de ressources humaines disponibles pour la conception, l'exécution et la décision d'application des différentes méthodes de lutte non-violente. Elles n'ont pas la culture des arrestations, assassinats et des actions de pression à longue durée ; ce qui fait qu'à la moindre résistance du régime face aux actions des forces démocratiques ; nous constatons la peur et la panique qui s'installe dans le rang de ces responsables et membres. Ils perdent le réflexe de la créativité, de l'imagination et qu'au lieu de retourner la violence, la répression du régime contre l'oppresseur lui-même Ils préfèrent plutôt trouver un bouc-émissaire dans leur propre coalition.

À force d'utiliser toute sa réflexion et énergie pour accuser les leaders pro-démocratie de leur incapacité à faire tomber le régime Gnassingbé ; on se révèle plus impuissant, incapable devant les actions de défiance politique. Comme au niveau des partis politiques, le système arrive toujours à corrompre certains membres des organisations de la société civile ou passe un message faux, de division à travers eux. Les jeunes refusent de s'engager et de militer dans les organisations de la société civile. Quand certains s'engagent, c’est dans l’espoir ou le but de trouver une quelconque rémunération. Ils n'ont pas la culture de sacrifice qu'ont les militants des partis politiques pro-démocratie.

Comme au niveau des partis politiques, il se pose aussi chez les organisations de la société civile, un problème crucial de formation à la psychologie de lutte non-violente.

Les militants comme les membres des organisations de la société civile ne lisent ni ne s'informent pas assez ou pas du tout sur les précédentes luttes des peuples que nous trouvons aujourd’hui, démocratiques et libres.

La volonté du système est de casser les mobilisations par la corruption et le lancement des rumeurs, des OB à travers sa machine de propagande formelle et informelle. Un système politique et surtout dictatorial qui dure ne tient pas uniquement son long règne de sa violence, mais surtout à des facteurs psychologiques émotionnels, culturels qui amènent l'opprimé à obéir sans contraintes. Il existe pour ce faire une forme de communication qui arrive à conditionner les hommes et les femmes à agir, penser et parler comme la dictature le veut.

Dans les démarches de lutte pour une société plus démocratique, en analysant le schéma de communication avant, pendant et après les différentes coalitions ; nous constatons l'ignorance, la sous-estimation des facteurs culturels, émotionnels et psychologiques qui légitiment, renforcent la dictature. Ainsi par des personnes intermédiaires, ou des rumeurs le régime nous fait dire des phrases qui en réalité ne font que créer la division, la confusion, le détournement d'attention. Les phrases ou mots souvent utilisés, qui légitiment le régime ou rendent résigner, fataliste sont :

• Mawoulawoè (Dieu le fera) ;

• Manor torgnéviadiko (je me contente du peu que j’ai) ;

• Agbébada gnonwou ékou (une vie misérable vaut mieux que la mort) ;

• Les politiciens sont des menteurs ;

• Je suis apolitique ;

• Des morts inutiles, arrêtés inutilement ;

• Les enfants des politiciens ;

• Les togolais ont trop donné ;

• Le problème du Togo c'est la France…

Ces mots ou phrases privent les partis politiques et organisations de la société civile d’hommes et femmes qui peuvent s'engager pour la lutte collective. Ils inhibent la réflexion et l'action chez les victimes de la mauvaise gestion. Ils encouragent le désengagement politique, le fatalisme et la collaboration avec l'oppresseur pour le “ pain et eau ”.

Sur les médias, les partis politiques manquent de jouer leur rôle de pédagogie pour armer mentalement, psychologiquement les citoyens à faire leur propre analyse et à se lever et agir pour leurs droits socio-économiques. Au lieu que les partis politiques amènent les citoyens à comprendre les causes de leurs maux et à pourvoir identifier eux-mêmes les structures, institutions et décisions qui les maintiennent dans la précarité et de partager avec ces derniers leur vision nouvelle dans l'éducation, la santé, le socio-culturel etc. Les débats politiques sont devenus les insultes et la fabrication d'histoires sur le camarade de lutte. Ce sont alors des discours sur la base des “ OB ” qui nourrissent la conscience politique des togolais.

Le résultat, nous avons produit nous-mêmes à travers nos propres discours, des citoyens indifférents à toute forme d'injustice, d'exploitation. Ils ne comprennent pas la cause de leurs malheurs. Et ils préfèrent l'attribuer à des dieux, Dieu et à une querelle entre le dictateur et les partis politiques pro-démocratie, à la France. Avec cette conception de la lutte de libération et vision des causes de nos maux, nous assistons aujourd'hui dans notre société à l'indifférence pathologique devant toute situation ou fait qui doit faire réagir l'humain qui est en nous. Au lieu d'avoir de l'indignation, nous avons plutôt des réactions de justification des actes, décisions de l'oppresseur et d'accusations de la victime. En même temps, nous sommes prompts à réagir quand il s'agit de voir qui sait plus insulter, dénigrer, diaboliser. Ou carrément, quand il s'agit de la diffusion des faits de division, de confusion, c'est là où on nous retrouve très actifs dans les commentaires. Le togolais actuel est devenu l'être qui accuse beaucoup, mais qui ne pose jamais un acte pour éviter dorénavant les problèmes à l’origine des accusations de se produire. Et de surcroît, ce sur quoi il accuse, quand l'occasion se présente à lui, il se montre pire, très incapable, impuissant. Nous avons ainsi par ignorance produit des monstres sociaux dont les discours et les actions nourrissent l'oppresseur indirectement. La communication politique des militants pro-démocratie n'ayant pas pris en compte le schéma de propagande de la dictature ; elle a contribué lourdement à l'infantilisation de la masse.

Avec la constitution de 1992, il n'y avait pas eu un véritable travail pour créer les espaces de débat pour permettre l'appropriation des valeurs démocratiques à tous les togolais sans exception aucune. La peur, la méfiance due à l'achat de conscience à cause des arrestations, des assassinats n'ont pas aidé les militants pro-démocratie à mettre l'accent sur le travail d'appropriation de la constitution par tous.

Nous avons des préjugés, des idées arrêtées sur les uns et les autres. L'absence de cadre pour faire des débats sur des sujets qui divisent afin de se comprendre et de voir au-delà des divergences ce que nous pouvons faire ensemble ou les éléments de complémentarité dans nos différentes méthodes de lutte. La peur d'être arrêtée, tuée paralyse les militants pro-démocratie, les citoyens. Elle inhibe l'audace et la prise d'auto-initiative. Les discours des acteurs pro-démocratie et la propagande de l'oppresseur ont fait naître chez le togolais d'aujourd'hui cette conception de la lutte : « le sentiment de lutter pour les partis politiques et ils les reviennent de s'investir plus ». Les débats sont axés sur des personnes et des partis politiques au lieu des idées. C'est ce qui renforce l'idée selon laquelle le problème au Togo c'est la querelle entre les partis politiques pro-démocratie ou leaders corrompus.

L'intolérance à des idées contradictoires et comment les aborder pour se renforcer mutuellement radicalisent les positions et détournent de l'objectif principal de la lutte qui est la fin de l'oppression au Togo et la construction d'une nouvelle société. Au niveau des citoyens, des militants comme des leaders, nous ne sommes pas endurants et nous n'avons la force qu'à mener une lutte pour un temps relativement très court. La lutte se fait sous le coup de tête sans une réflexion profonde. La sous-estimation de l'art dans la lutte de libération et de reconstruction.

La mauvaise exploitation des réseaux sociaux

Les réseaux sociaux une arme de lutte, sont devenus au Togo un outil pour semer plus de division, de distraction, de divertissement. Il est important que les militants pro-démocratie s'approprient cet outil pour un véritable travail de libération mentale des schémas psychologiques qui conditionnent l'Homme à l'obéissance, au fatalisme, la résignation, à la collaboration pour le pain. 

 

APPROCHE DE SOLUTION POUR UNE COALITION DE VICTOIRE.

Nous devons produire des analyses qui vont déconstruire des discours de bouc-émissaire parfait et de l'autojustification des leaders politiques et d'opinion sur les réseaux sociaux et médias.

Nous devons produire des discours alternatifs qui vont faire du citoyen, un acteur de sa propre libération.

Devant une dictature féroce, il faut multiplier les têtes de lutte. Il faut un schéma de lutte de guérilla avec une application parfaite des méthodes de la lutte non-violente.

Des discours programmés et des activités qui vont permettre l'émergence de cellules de résistance autonomes très mobiles.

Par les discours alternatifs et des actions, nous allons pouvoir déconstruire les schémas mentaux du système qui ont pris racine dans le psychisme des togolais. Et nous allons les remplacer par de nouvelles qui vont émanciper les mentalités de l'esclavage mental.

Travaillons plus à voir de la complémentarité dans nos différentes méthodes. Pour prouver qu'une telle méthode est inefficace, il faut d'abord travailler à mettre en place la méthode gagnante et commencer par l'appliquer. Nous devons maintenant montrer dans l'application de nos méthodes que l'autre a tort.

Nous devons abandonner cette mauvaise culture qui consiste à détruire d'abord la méthode existante par nos discours de diabolisation, de dénigrement avant de commencer par chercher la nouvelle qu'il faut appliquer et les personnes qui vont les exécuter.

Que les fruits de nos actions parlent à notre place maintenant.

Nous devons instaurer un code de conduite entre nous les combattants de la liberté.

Nous sommes en guerre, et sur le champ de théâtre militaire, il n'y a que la communication de victoire. Et nous devons savoir nous faire comprendre qu'un fait prend de l'ampleur par le traitement qu'on lui donne et la manière dont le publie. Donc, notre manière de traiter un fait doit toujours s'inscrire dans le renforcement de la conscience politique de la masse et la création de la division et la confusion dans le rang de l'oppresseur.

Le corps humain est composé de plusieurs cellules, organes. Chaque cellule ou organe joue un rôle spécifique donné. Mais c’est un rôle qui contribue au bon fonctionnement du corps tout entier. Les leaders de la liberté doivent savoir qu’en face d’un système dictatorial, on se constitue en un corps social du combat pour la liberté.

Chaque leader avec ses militants et sympathisants doivent connaître le domaine de leur puissance et agir pour neutraliser le dictateur dans ce secteur. Cette action renforcera celle des autres leaders dans leurs secteurs respectifs.

Les leaders doivent accepter leurs différences. Et ils doivent les utiliser comme un atout pour neutraliser, déstructurer, désintégrer le clan Gnassingbé.

Dans une dictature ce n’est pas un jeu : « Je suis le leader ci, cela ». Mais c’est le résultat que le peuple attend de tout leader. Et le résultat c’est la fin de la dictature pour laisser place à un environnement socio-culturel, politico-économique démocratique.

Les leaders doivent savoir réellement ce qu’ils cherchent. La lutte pour l’instauration de la démocratie n’est pas un combat d’abord entre les combattants de la liberté. Cette manière de faire, sème la confusion chez le peuple et donne l’opportunité à la dictature de prospérer, de gagner encore du temps.

Les leaders doivent analyser chacun de leurs mots et formulations de phrases sur les médias et les réseaux sociaux.

 A qui profitent les mots et formulations de phrases ?

Redonnent-ils le courage au peuple, à la jeunesse à s’engager en comptant que sur eux-mêmes ?

Les mots et les formulations à travers les discours des leaders et militants pro-démocratie doivent amener chaque citoyen à se transcender pour se sacrifier pour la victoire maintenant.

Pour l’unité organique, les leaders pro-démocratie doivent redonner un nouveau dynamisme à leurs militants et sympathisants. Ils doivent les amener à s’auto-agir en tout moment quand une injustice se déroule dans leur secteur. Ils ne doivent plus attendre l’ordre d’un leader avant de s’indigner contre une injustice, l'arbitraire. Dans chaque parti politique, les militants et sympathisants travaillent dans plusieurs secteurs socio-professionnels. Ils doivent donc être outillés pour revendiquer leurs droits socio-économiques dans leurs secteurs respectifs sans attendre l’ordre du leader.

Les leaders doivent bannir chez leurs militants et sympathisants des attaques inutiles contre d’autres leaders. Ils doivent les aider à avoir un regard fixe sur l’objectif principal qu’est la fin de la dictature du clan Gnassingbé et la reconstruction du Togo nouveau.

Les militants pro-démocratie de la société civile doivent sortir leur lutte de simples dénonciations, accusations. S'ils doivent éviter ou ne pas s’arrêter uniquement sur les chansons de routine comme : « il faut, il doit, il n'a qu'à...».

Pour retourner les divisions et les confusions contre l'oppresseur, ils doivent devenir le “ community organising” selon SAUL ALINSKY.

Le togolais ne doit plus être conditionner à rechercher un libérateur, un messie ou un étranger libérateur. Mais ils doivent maintenant travailler avec la masse en transformant les frustrations en un mouvement de lutte.

Steve Biko disait : « L'arme de l'oppresseur, c'est l'âme de l'opprimé ». Le peuple nourrit et donne la force à la dictature, sans le savoir.

Le “ community organising” togolais doit mener une politique démocratique radicale et populaire qui vise l’autonomie et l’auto-organisation des dominés. L'objectif est de donner aux togolais de l'autonomie et du pouvoir. « L’action politique à l’égard des opprimés doit être, au fond, une « action culturelle » pour la liberté et donc une action avec eux. Leur dépendance émotionnelle, fruit de la situation de domination dans laquelle ils se trouvent, et qui leur donne aussi une vision fausse du monde, ne peut intéresser que l’oppresseur. C’est lui qui se sert de cette dépendance pour créer plus de dépendance.

L’action libératrice, au contraire, sachant que cette dépendance des opprimés est un point vulnérable, doit essayer à travers la réflexion et l’action, de la transformer en indépendance. Celle-ci, cependant, n’est pas une donation que des leaders, si bien intentionnés soient-ils, puissent accorder. Nous ne pouvons oublier que la libération des opprimés est une libération d’hommes et non de « choses ». Ce ne peut être ni une auto-libération– personne ne se libère seul – ni une libération de certains hommes réalisée par d’autres. […] Personne ne libère autrui, personne ne se libère seul, les hommes se libèrent ensemble. » Paolo Freire, Pédagogie des opprimés.

 

UN MODÈLE POUR AMENER LA LUTTE DANS TOUS LES QUARTIERS, VILLAGES

 

À L'ÉCOLE DE SAUL ALINSKY.

  

 

 

 

 

 

    Saul Alinsky commence par écouter et observer. Patiemment, il s’intègre à la vie du quartier, tisse des liens amicaux, identifie les rapports de force, cerne les principaux problèmes et des solutions possibles. Peu à peu, il suggère des rencontres entre habitants, encourage les uns et les autres à prendre la parole, à exprimer leur colère face aux propriétaires, aux autorités ou aux patrons locaux, puis à définir des revendications et imaginer des stratégies de victoire. 

 

    1- S’intégrer et observer.
Une fois choisi un quartier ou un secteur de la ville particulièrement sinistré, les organizers s’y installent à plein-temps, en se finançant par des petits boulots ou par du mécénat.

Dans un premier temps, leur tâche est de s’intégrer lentement à la vie du quartier, de fréquenter les lieux publics, d’engager des discussions, d’écouter, d’observer, de tisser des liens amicaux. Il s’agit de comprendre les principales oppressions vécues par la population, d’identifier leurs causes et d’imaginer des solutions. Les organizers doivent également repérer des appuis locaux possibles en se rapprochant des organisations et des personnes-clés du quartier : églises, clubs, syndics, responsables de communautés, etc. Par cet effort d’observation active, ils doivent en particulier déchiffrer les intérêts personnels des différents acteurs en présence. Cette notion d’intérêt personnel est récurrente dans la pensée stratégique de Saul Alinsky, pour qui l’intérêt constitue le principal moteur de l’action individuelle et collective, bien plus que les idéaux ou les utopies.

Pour favoriser l’émergence de luttes sociales, Rules for radicals conseille aux organizers de concentrer leurs efforts sur les questions de logement, de salaire, d’hygiène ou de reconnaissance sociale, et voir dans quelle mesure ces problèmes peuvent faire émerger des communautés d’intérêts à l’échelle du quartier. Dans la vision d’Alinsky, les réflexions globales sur la société de consommation, sur le capitalisme ou sur le socialisme naissent dans un second temps, lorsque les personnes ne sont plus piégées dans un quotidien de survie, lorsqu’elles ont atteint un meilleur niveau d’organisation et de sécurité matérielle.

 

    2- Faire émerger collectivement les problèmes.

Lorsque les organizers ont suffisamment intégré la vie du quartier et compris ses enjeux, leur tâche est de susciter, petit à petit, des cadres propices à la discussion collective. Cette démarche peut commencer très lentement : un échange improvisé entre quelques habitants dans une cage d’escalier, au détour du marché, dans un bar... Les organizers doivent saisir toutes les occasions de créer du lien entre les habitants, et les amplifier.

 Il s’agit de permettre aux exaspérations, aux colères et aux déceptions de s’exprimer collectivement, afin que les habitants réalisent combien, au-delà de leurs divergences, ils partagent des préoccupations, des problèmes et des oppresseurs communs. Tout au long de ce processus, s’ils sont interrogés, les organizers ne doivent pas cacher leurs intentions. Ils doivent se présenter tels qu’ils sont, avec sincérité, expliquer qu’ils souhaitent soutenir la population, qu’ils sont révoltés par les injustices et les oppressions subies dans le quartier, qu’ils ont des idées pour contribuer au changement. Dans l’idéal, les organizers ont tissé suffisamment de liens avec des organisations locales, des églises, des syndics ou des communautés, pour être soutenues voire recommandées par elles. Cette phase d’expression et d’indignation collective doit rapidement s’accompagner de perspectives d’action concrètes. Si celles-ci n’émergent pas directement de la population, les organizers peuvent faire des propositions. Par contre, ils ne doivent pas prendre des décisions à la place des habitants.

 

    3- Commencer par une victoire facile.

Dans l’idéal, la première action collective suggérée ou soutenue par les organizers doit être particulièrement facile, un combat gagné d’avance permettant de faire prendre conscience à la population de son pouvoir potentiel.

 Dans la pensée de Saul Alinsky, la recherche du pouvoir populaire est centrale : quand des personnes se sentent impuissantes, quand elles ne voient pas comment changer le cours des choses, elles ont tendance à se détourner des problèmes, à se replier sur elles-mêmes, à s’enfermer dans le fatalisme et l’indifférence. A l’inverse, quand des personnes ont du pouvoir, quand elles ont le sentiment qu’elles peuvent modifier leurs conditions de vie, elles commencent à s’intéresser aux changements possibles, à s’ouvrir au monde, à se projeter dans l’avenir.

« Le pouvoir d’abord, le programme ensuite ! » est l’une des devises récurrentes de Rules for radicals. Créer une première victoire collective, même minime comme l’installation d’un nouveau point de collecte des déchets ou l’amélioration d’une cage d’escalier, permet d’amorcer une passion du changement, une première bouffée d’oxygène dans des vies asphyxiées de résignation. Les organizers doivent par conséquent consacrer un maximum de soins aux premières petites victoires, ce sont celles qui conditionnent les suivantes. 

 

    4- Organiser et intensifier les luttes.

Une fois quelques victoires remportées, le but des organizers est d’encourager et d’accompagner la création de collectifs populaires permanents, afin d’élargir et d’intensifier les actions de lutte. La préparation des actions doit être particulièrement soignée et soutenue par les organizers. Les recettes d’une mobilisation réussie ?

Élaborer des revendications claires et crédibles ; imaginer des stratégies inattendues, ludiques, capables de mettre les rieurs du côté de la population ; savoir jouer avec les limites de la légalité, ne pas hésiter à tourner les lois en ridicule, mais toujours de manière non-violente afin de donner le moins de prise possible à la répression ; mettre en priorité la pression sur des cibles personnalisées, aisément identifiables et localisables, un patron plutôt qu’une firme, des responsables municipaux plutôt que la mairie, un propriétaire plutôt qu’une agence immobilière ; tenir un rythme soutenu, maintenir une émulation collective ; anticiper les réactions des autorités, prévoir notamment des compromis possibles ; et enfin, savoir célébrer les victoires par des fêtes de quartier mémorables ! 

 

    5- Se rendre inutile et partir.

La méthode proposée par Saul Alinsky, répétons-le, ne vise pas à prendre la tête des luttes d’un quartier, mais à les servir, à créer de l’autonomie et de la souveraineté populaire. En conséquence, les organizers doivent savoir s’effacer à temps, transmettre leurs compétences, se rendre progressivement inutiles, puis quitter le quartier afin de rejoindre d’autres aventures politiques…

 

 

Fovi Katakou (b-a-b-a, RAL)

 

Nature-Homme-Société

 

 

25 août 2020

Les leçons à tirer de nos erreurs durant la lutte.

#Milawoe

#LeChangementCestMaintenant 


L'ERREUR EST DE NE JAMAIS ESSAYER.

Dans la vie d'un peuple en lutte pour sa libération, il vient un moment où le peuple et certains de leurs responsables commettent des erreurs. Ce n'est pas grave. Mais le malheur, le danger est de s'enfermer dans cette erreur en refusant de voir la réalité objectivement pour oser entreprendre d'autres choses.

Après la sortie d'Égypte, quand Moïse est allé à la recherche de la constitution c'est-à-dire les dix commandements de DIEU, certains dirigeants du peuple israélien de la Bible ont conduit le peuple à l'adoration du Veau d'Or.


Au Togo, l'élection du 22 février 2020, quel qu’en soit les interprétations, nous a permis d'évacuer une thèse sur le champ de la lutte de libération.

Il s'agit de la thèse selon laquelle : « Seule une personne venant du système sera apte à provoquer le changement. Car elle va rassurer l'armée et certains barons du système qui ont peur pour leur vie ».

C'est au nom de cette thèse que beaucoup disaient : « FABRE est l'obstacle de l'alternance ». Car si les togolais ne donnaient plus leurs voix à Fabre et ils les confiaient à une autre personne venant du système du clan Gnassingbé, l'alternance tant souhaitée verra donc le jour au Togo.

 

L'analyse objective des discours avant, pendant et après la campagne électorale du 22 février 2020 montre clairement que la dynamique n'a pas inclus dans ses démarches, la phase de la résistance citoyenne après les résultats de l'élection.

Ce qui a été vendu aux togolais est : « une alternance pacifique avec la personnalité d'AGBEYOME ». Car ce dernier ayant travaillé avec le système et fort de ses relations de ces dernières années avec le clan Gnassingbé, il est la personne idéale pouvant provoquer l'alternance au Togo. Il représente donc en apparence une garantie pour les soldats et les barons du système qui ont peur pour leur vie et celle de leurs proches puis surtout la France qui verra en lui la personne pouvant préserver son intérêt.

L'idée d'une alternance politique pacifique sans effusion de sang ni arrestations a ainsi été vendue à la population togolaise. Une idée qui a trouvé de l'écho favorable grâce à Mgr Kpodzro.

 

La conscience collective étant animée par la pensée religieuse, les révélations prophétiques d'un Mgr Kpodzro ont été perçues comme l'occasion rêvée de la libération du Togo. Une libération sans effort, vendue, c'est le mythe d'un libérateur qui vient ainsi d'être activé. DIEU en personne est descendu pour libérer les togolais. La psychologie #Mawoulawoè (Dieu le fera) avait ainsi pris forme. 

 

Après l'élection du 22 février 2020, en analysant la réaction du clan Gnassingbé et celle de la dynamique, tout est clair que c'est un VEAU D'OR qui a été vendu aux togolais à travers la personne d’Agbeyome.

Les discours du carnet d'adresses, de prophétie.... rien que du mythe politique.

 

Il y a trois choses à tirer de cette élection du 22 février 2020 :

   1- Le système s'est servi d'Agbeyome en lui faisant croire à travers certains barons, une possibilité d'alternance s'il arrive à avoir l'aura du peuple.

   2- Agbeyome a surfé sur la personnalité de Mgr Kpodzro et la thèse d'une libération du peuple par une personne venant de l'intérieur du système qui anime la conscience collective.

   3- La neutralisation des résistants pro-démocratie pour un temps par la théorie des jeux en poussant le peuple togolais vers l'application de la thèse : « une libération d'une personne venant de l'intérieur du système ».

Qu'elle est donc la différence entre l'appel de Tikpi après la répression du 19 Août 2017 et celui de la dynamique après l'élection du 22 février 2020 ?

Tikpi a travaillé pour avoir une base populaire. Ce qui n'est pas le cas d'Agbeyome. Mgr Kpodzro pour sa part est à la retraite. Les discours d'avant et après le 19 Août 2017 ont créé la mise en disponibilité de l'élément catalyseur d'action qui est le groupe de l'ANC.

Les discours d'avant et après le 22 février 2020 de la dynamique n'ont pas pris en compte le facteur de la nécessité d'avoir dans son rang un élément catalyseur d'action. Agbeyome, ne disposant pas de base populaire dans la phase de résistance, devrait, pour le bien du peuple se doter d'élément catalyseur d'action et de mobilisation à travers une alliance avec le groupe ANC. Mais hélas, tout a été fait comme si la dynamique avait réussi à obtenir un accord avec le clan Gnassingbé pour une paisible alternance politique en 2020. Ou comme si DIEU avait promis de délivrer miraculeusement le peuple togolais le 22 février 2020.

Le deuxième élément catalyseur que nous avions et sur lequel nous pourrions compter a aussi été presque perdu ou réduit par le départ prolongé de Tikpi. L'affaire de faux coup d'État du 23 Novembre 2019 et des arrestations massives des jeunes du PNP. L'appel de Tikpi en Décembre 2019  pour #NonAu4eMandat n'a pas eu d'écho chez la population.

Les résultats, les chiffres fabriqués par Gnassingbé Faure à l'élection présidentielle n'ont pas été exploité par les combattants de la liberté. Dans une lutte, toute situation, bonne ou mauvaise doit être exploitée pour la bonne cause. Au lieu que cela mobilise davantage et crée une synergie d'action meilleures pour la liberté, les combattants de la liberté se sont aller émotionnellement... De colère en déceptions, n'ayant pas pu canaliser leurs énergies, ils se sont laisser démobiliser, diviser, ce qui a conduit à des confrontations de tout genre entre nous-même, combattants de la liberté.


En somme, par la théorie des jeux, le clan Gnassingbé a privé la dynamique des deux éléments catalyseurs qui sont : PNP ( Parti National Panafricain ) et l'ANC ( Alliance Nationale pour le Changement ).

Les actions de résistance de la dynamique après l'élection du 22 février ont simplement été réduites : aux conférences de presse, des messages audio ou vidéos aléatoires sur les réseaux sociaux... Ceci, d'un point de vue général montre une fois encore que l'on doit mettre plus de sérieux dans le combat de libération du peuple togolais. Plus de romantisme révolutionnaire, plus de place ni de temps pour les mythes. 

La dynamique a néanmoins montré que c'est seulement une détermination farouche des combattants de la liberté qui peut venir à bout de la dictature togolaise. Il est inutile de faire croire encore au peuple, une éventuelle libération venant d'un dieu ou un étranger.

 

Maintenant il est primordial d'aborder la lutte de libération avec un regard systémique. C'est ce qui nous permettra d'avoir une vision globale sur la lutte de libération.

Dans un environnement dictatorial, le pouvoir compte sur des piliers comme :

  • La police, l'armée et les autres instances coercitives,
  • La justice, la commission électorale et les élites professionnelles,
  • Les services civils, les spécialistes et autres experts techniques,
  • Le système d'instruction, éducatif et les structures qui créent et contrôlent la connaissance,
  • La religion institutionnalisée et les institutions traditionnelles respectées,
  • Les médias et les personnes qui contrôlent la diffusion publique de l'information,
  • La communauté professionnelle et tous ceux qui sont à la tête des différents secteurs financiers et économiques,
  • L'Ancienne puissance coloniale, et certaines institutions comme la CEDEAO.

 

Nous devons donc, chacun avec ses propres moyens, travailler à la récupération, neutralisation et la déstructuration de ces piliers du pouvoir.

Notre préoccupation première doit être :

  • Comment créer la désunion dans le camp de l'oppresseur (exactement comme eux-aussi le font déjà) ?
  • Comment pouvons-nous amener l'armée à s'approprier l'esprit de l'article 21 de notre constitution?

Il n'est plus question de parler et d'agir pour créer un leader aux togolais. Nous devons simplement agir pour l'émergence de la conscience politique de la masse.

Avec des outils qui vont permettre à chacun de nous, de lire et d'analyser objectivement la réalité sociale, la libération viendra à coup sûr maintenant.

                    « On ne libère pas un peuple. Un peuple se libère lui-même. »

Travaillons à la démystification de la Peur (peur d'être tué, arrêté, torturé, de ne pas trouver du travail, de perdre son emploi…), la Misère et du concept Mawoulawoè.

Faisons des réflexions, sur :

  • Le sit-in de pression à-venir,
  • L'initiation à la culture de spontanéité,
  • La synchronisation des actions partout et au même moment,
  • L'identification des points stratégiques de la ville et comment les occuper,
  • Comment filmer en temps réel la répression du système dans la rue lors de nos prochains mouvements du #ÇaSuffitMaintenant... 


Nous sommes une génération de résultats. La victoire est nôtre, maintenant ! 

Fovi Katakou (b-a-b-a, RAL)

Nature-Homme-Société

10 juin 2020

Les discours qui ralentissent la lutte.

#Milawoe!
#LeChangementCestMaintenant!

L'idéologie véhiculée par les deux phrases : « morts inutiles... arrêtés inutilement... »


Les mots ne sont jamais neutres. Ils sont toujours au service d'une idéologie.

En se basant sur l'analyse du leadership de Marcus Garvey et sa vision de la société, le peuple togolais, à travers ces  deux phases, dans tout son ensemble fait la propagande de la vision de l'organisation sociale que les collaborateurs des colons (ou des nègres de maison) de l'époque coloniale avaient.

L'étude et l'analyse des œuvres de Frantz Fanon nous a déjà démontré  l'échec d'une idéologie de collaboration.
C'est au nom de cette idéologie de collaboration que les premiers leaders nationalistes furent assassinés  et remplacés par les nègres de maison d'aujourd'hui. Et  cette collaboration des nègres de maison et des colons est connue sous la forme et le nom de la France-Afrique.

Parlez de : « mort inutile et arrêtés inutilement » , dans un processus de lutte de libération, c'est réduire la lutte à un simple jeu de substitution des hommes qui ont pris en otage le pays.
En faisant la propagande de ces deux phrases nous affirmons volontairement ou  involontairement que nous ne luttons pas pour un changement en profondeur du système. C'est juste une lutte cosmétique du remplacement des seigneurs d'aujourd'hui par de nouveaux qui forcément ne feront pas mieux car le système dictatorial étant toujours opérationnel. 

Pour préserver la vie humaine dans un combat, les généraux ne viennent pas faire la propagande des morts et des arrestations. Ils investissent dans les moyens de lutte et dans les ressources humaines. 

Ceux qui ont utilisé les méthodes de la lutte non-violente pour triompher de l'oppression n'ont pas réussi grâce à la propagande résumée en ces deux phrases.

Gandhi, Martin Luther King ont plutôt poussé les combattants de la liberté à se faire arrêter massivement.
Eux-mêmes furent arrêtés plusieurs fois lors de leurs luttes de libération et pour les droits civiques. 
Pour leur vision de l'organisation sociale pour un monde plus juste, ils n'ont pas changé à cause des morts ni des arrestations.
Pour faire germer leur vision du monde, ils sont mort pour leur conviction. 

En analysant l'action et la vision des différents leaders qui ont provoqué la remise en cause de l'organisation sociale traditionnelle de la vie, jamais il n'a été constaté aucun changement ou réussite grâce à la diffusion du sentiment et de l'esprit de : «Morts inutiles... Arrêtés inutilement...» .

Lumumba, Sankara, Che Guevara, Sylvanus Olympio, Tavio AMORIN... et même Jésus, ont montré que pour un changement en profondeur pour le bien d'un peuple;  les arrestations et assassinats ne peuvent pas être des obstacles pour le triomphe d'un monde plus juste.

Après l'assassinat des premiers leaders nationalistes, une idéologie s'est glissée sciemment dans la conscience collective africaine surtout au niveau de l'élite pour les amener à voir que la lutte avec conviction et sacrifice est vaine. D'où la naissance de l'élite collaboratrice.
Ces derniers ont donc trouver bon qu'il fallait plutôt agir en enfant discipliné enfin d'amener l'oppresseur à céder avec gentillesse. Ou il faut carrément aller collaborer avec l'oppresseur, ceci pour obtenir une faveur de libération.

L'analyse de ces deux phrases illustre clairement le jeu de l'élite collaboratrice (ou nègre de maison) face à la dictature que nous avons ici au Togo. 
 
La propagande de ces deux phrases sur les médias et réseaux sociaux, c'est de l'instrumentation de la masse pour faire accepter l'attitude et les actes de l'élite collaboratrice ou gentille du clan Gnassingbé.
C'est le dressage de l'esprit des jeunes pour les amener à obéir et collaborer avec l'oppresseur.

Nous sommes une génération de résultats. La victoire est nôtre, maintenant !

Fovi Katakou (b-a-b-a , RAL)

Nature-Homme-Société

04 juin 2020

Actions citoyenne pour se libérer de l'oprression.

#Milawoè !
#LeChangementC'estMaintenant !





Dans un environnement dictatorial où l'oppresseur résiste aux changements, le choix des mots et l'usage des faits doivent nourrir la confiance en soi-même, l'esprit de persévérance, d'endurance et de résistance qui conduiront à la liberté. 




Mais, que constatons-nous dans nos interventions à travers les discours, écrits ? 

''Écriture'', ''Écrire'':  en langue Ewé (Une langue de l'Afrique occidental, majoritairement parlée au Togo et au Ghana), Écrire signifie le sarclage du champ de l'esprit humain  pour semer les mots sur la terre psychologique de ses cibles.
À travers nos écritures nous pouvons savoir ce que nous semons dans l'esprit des togolais.

1 - LE TOGOLAIS A TROP DONNÉ.
Pour parler de la lutte d'aujourd'hui, certains camarades par ignorance ou volontairement utilisent la phrase : «le togolais a trop donné».
Les togolais nés en 1990 ont aujourd'hui 30ans. Et ceux qui sont nés dans les années 1980 et 1985 ont aujourd'hui 35 et 40ans. Ceux qui sont nés en 1995, 2000 et 2005 ont respectivement 25, 20 et 15ans.

Que peut-on dire, estimer ou confirmer que ces catégories de togolais ont concrètement donné pour la lutte de libération ?
Avec notre système éducatif qui est fait pour abrutir le plus possible la population... un système éducatif qui forme des jeunes uniquement pour qu'ils finissent par travailler pour quelqu'un d'autre (forcément le système dictatorial) et non pas pour être créatif, analyser et identifier les soucis du pays et du continent pour en apporter une amélioration, un changement à travers des réalisations qui émaneraient de l'esprit créatif de la jeunesse, que peut-on dire que le togolais a donné de trop?
Avec les impact de l'oppresseur sur la population à travers ses techniques d'abrutissement, de corruption, et de propagande du mauvais élite minoritaire émergeant... avec l'influence peu positive des religions qui amène la jeunesse à dire:
- Je ne fais pas de la politique...
- C'est Dieu qui choisit un président...
- Il vaut mieux se contenter du peu que j'ai...
- Au mieux des cas, je vais me rallier au système pour gagner un peu de quoi survivre ainsi que ma famille, le reste, à l'échelle du peuple entier, Dieu le fera...
- Les opposants et combattants de la liberté sont nuls. celui qui va sauver, délivrer le Togo n'est pas encore né... 
quel degré de conscience politique cette catégorie de personnes, cette jeunesse a et qu'à t-elle fait de ci remarquable pour qu'on se permette de dire que le togolais a trop donné ?

Qu'est-ce que nous espérons comme résultat quand nous semons dans l'esprit de ces catégories de togolais, une telle phrase ?
Que peut faire une personne convaincue d'avoir assez donné, comme sacrifice supplémentaire dans une lutte de libération qui n'a pas encore abouti à la victoire du peuple ? 

L'inaction et l'indifférence des uns et des autres sont le fruit de la semence de cette phrase inhibitrice dans la conscience collective.
Pour la liberté, qu'elle soit individuelle ou collective, l'Homme ne donne jamais assez voir trop !!!


2 - LES MORTS INUTILES.
La graine qui veut germer doit accepter de mourir. Sa mort ne peut et ne doit pas être considérée comme inutile.

En semant les phrases : «morts inutiles, arrêtés inutilement» dans les esprits de ces 6 catégories de togolais quel résultat visons-nous concrètement ?
La résignation, le fatalisme, l'esprit de collaboration avec l'oppresseur, le désir de fuir le pays que nous constatons aujourd'hui chez ces togolais sont le fruit de notre semence.
Dans une lutte de libération, on ne pleurniche pas sur les camarades arrêtés ou tués. Pour redonner l'énergie à la lutte on retourne cette arme de dissuasion contre l'oppresseur.

Croyez-moi, le togolais n'a pas encore assez donné, si non, nous ne serions toujours pas là, sous oppression dictatoriale à se battre pour l'alternance politique, la justice pour tous, la liberté de vie et financière du peuple. Au lieu de nous dire que nous avons trop donné ou de pleurer nos morts, voilà ce que nous devons faire:
  • Chaque camarade perdu durant la lutte doit devenir une graine, un symbole de libération !
  • Nous devons donc prendre soin de leurs progénitures  !
  • Nous devons, organiser des cérémonies annuelles pour célébrer leur bravoure.
  • Nous devons réaliser des films documentaires sur eux, sur leu apport dans la lutte.
  • Des tricots à leur effigie avec un mot pour symboliser leur combat.
  • Même morts, ils doivent devenir des éléments motivateurs pour les togolais en lutte aujourd'hui. 
Bref, nous devons agir pour transformer leur perte en motivation et même mort, les rendre plus dangereux pour l'oppresseur.
Le togolais qui croit avoir assez donné ne se soucie pas des centaines de personnes qui ont perdus la vie pour cette lutte. Doit-on conclure qu'ils ne savent pas comment s'y prendre? Le togolais n'arrivait et n'arrive toujours pas à mettre en valeur la mort de Tavio Amorin par exemple. Pourtant, la dictature continue de commettre des crimes sur les citoyens togolais à travers ses milices armées. Des bavures policières, des assassinats... tout récemment, la mort du jeune Mohammed à Avédji (quartier de Lomé) par les policiers, l'assassinat du colonel Madjoulba BITALA... pour ne citer que ceux-ci.

Si nous, togolais, n'arrivons pas à analyser notre propre situation, élaborer des techniques pour valoriser la mort de nos camarades, essayons au moins de suivre ces recommandations énumérer ci-dessus en six points ou tout simplement suivons l'actualité relative à la situation actuelle aux États-Unis suite au décès de George Floyd et imitons-les tout simplement, car c'est exactement ce que nous aurions-dû et devrions faire.

Pour les arrestations arbitraires nous devons :
  • Avoir le service d'un avocat disponible en tout moment  pour toute personne qui sera victime de l'oppression. 
  • Nous occuper de leur nourriture en prison et prendre soins de leurs enfants malgré leur arrestation.
  • Au quotidien leur remonter le moral et faire mieux que ce qui était fait avant leurs arrestations pour qu'ils sachent qu'ils ne sont pas incarcérés pour rien.

Les femmes, enfants, membres de famille de nos oppresseurs ne doivent pas dormir dans leur confort habituel tant que les combattants de la liberté meurent ou sont emprisonnés par le système.
Nous ne recommandons pas de les harceler ou de leur infliger des violences comme leur cher et bien-aimé l'inflige à son propre peuple pour ensuite nourrir sa famille avec le gain issue du sang du peuple, non !
Nous demandons et allons juste les réveiller, leur ouvrir les yeux, les conscientiser face à la situation, face à ce que commet comme crime contre le peuple, leur cher et bien-aimé. Nombreux d'entre eux ont encore de l'humanité en eux, ils ont encore la conscience, mais ils ne savent toujours pas que la lutte pour la liberté que nous menons, la lutte pour l'alternance politique, c'est aussi pour leur bien et celui de leur descendants. Alors, nous devons leur faire parvenir par tous les moyens possible et non-violents, les crimes de leur cher et bien-aimé, afin qu'ils prennent conscience de l'horreur, l'injustice, la peine, le tort que crée leur membre de famille au peuple togolais, à l'Afrique et l'humanité toute entière.

« Tout homme, race ou nation aspirant sérieusement à la liberté doit avant tout penser en termes de sacrifice. Le Tout-Puissant Lui-même nous dit que "sans effusion de sang, il n’y a pas de pardon" : Hébreux 9:22. Alors, comment peut-on penser, en toute honnêteté, avec l’Histoire à l’appui, pouvoir réhabiliter l’Afrique sans être prêt à mourir ou à perdre de nos camarades? » MARCUS GARVEY


3 - LES LEADERS SONT DES CORROMPUS.
Comment devons-nous aujourd'hui, combler les failles, manquements, faiblesses des leaders de l'opposition et ou des combattants de la liberté ? 
Le discours :  «les leaders sont des corrompus » semé dans la conscience collective des six catégories de togolais est-il nécessaire, voir la solution pour combler les failles ?

Non ! De toutes les l'expérience issue des précédents combats de l'Humain pour obtenir la liberté, un tel discours n'a jamais rien apporté de bon à une lutte, elle ne fait que dissuader les jeunes de s'engager par eux-mêmes. Ainsi pour toute action en faveur de la lutte de libération, les jeunes d'aujourd'hui veulent avoir d'abord leur part du gain. Comme si la liberté avait un prix ou qu'ils luttent pour un autre peuple 😂😂😂.
Sans argent, il est difficile aujourd'hui de mobiliser les jeunes car (selon leur argument) ils ne veulent pas agir pour qu'enfin, seul un leader se fasse corrompre et profiter de la situation pour se faire de l'argent sur leur dos.

Si nous avons des leaders corrompus cela veut dire que le champ politique est occupé par des opportunistes et des bandits. Des nains d'esprit qui ne pensent qu'à eux-même (individu). Ils ne pensent pas au peuple, aux futurs générations, même pas à leurs propres enfants.

Suite à cette analyse, nous devons nous poser les questions suivantes :
  • pourquoi les hommes d'éthique, honnêtes, de bonne  moralité ne s'engagent pas ou refusent de s'engager ?
  • si nous estimons avec des preuves que les leaders de la liberté sont corrompus, alors que devons nous faire pour y remédier ?
  • d'où vient donc la culture de corruption que nous constatons dans nos institutions politiques, religieuses, associatives et familiales ?
  • «les leaders sont corrompus.» Cette phrase est-elle suffisante ou la bonne pour faire apparaître, lever le voile sur les magouilles des faux leaders et amener les six catégories de togolais à prendre leur destin en main ?
Nous sommes en guerre permanente contre ceux qui ont pris en otage le pays depuis 1963 !

Sur un champ de bataille, on n'utilise pas les mots à tord et à travers.
Tout comme le savoir, les mots ou formulations de phrases sont une arme de guerre.
Nous devons par nos mots et actions, transformer chaque togolais en une arme de destruction massive pour se libérer lui-même de l'oppression.
Nous devons faire comprendre à chacun de nous, qu'il n'y a pas d'échappatoire possible dans un environnement dictatorial. La seule  solution c'est d'agir pour la désintégration de la bête.

Nous sommes une génération de résultats. La victoire est nôtre, maintenant !

Fovi Katakou (b-a-b-a , RAL)

Nature-Homme-Société